Grossesse : les joies du 1er trimestre

Grossesse - Les joies du 1er trimestre

Initialement, ce blog n’est pas un blog grossesse ni un blog bébé, mais on ne va pas se mentir : quand on est enceinte, c’est la priorité numéro, donc fatalement ici, nous allons parler maternité et bébé… Mais pas que, promis !

Lors de mon précédent article, il s’agissait de vous annoncer ma grossesse et du chemin parcouru pour un arriver à #babyiscoming (les vrais comprendront le clin d’œil). J’avais adoré écrire cet article plein de bonheur, de paillettes, de licornes, de joies, de bisounours … Et pour cause, ma grossesse m’apporte un bonheur infini. Mais pas seulement, et je pense qu’il faut être honnête sur le sujet.

La grossesse n’est pas (seulement) un monde rempli de paillettes

Oser parler des désagréments de la grossesse

J’ai mis un certain temps à me décider, si oui ou non, j’allais rédiger cet article. Et puis je me suis dis : « Merde ! Pourquoi ne parler que de ce qui est merveilleux ? » et aussi « Tout le monde a le droit de savoir » !

Depuis que je suis enceinte, j’ai remarqué qu’il y avait comme un énorme tabou, presque une barrière infranchissable, sur ce que l’on a le droit de dire ou de ne pas dire ! Comme si le fait de parler de certaines choses allait arrêter la production mondiale de bébé. Alors sous prétexte que l’on s’apprête à donner la vie on doit s’estimer heureuse et point barre ? Et bien non, je ne suis pas d’accord avec ça !

Pourquoi une femme devrait se sentir coupable de mal vivre sa grossesse ? Parce que c’est un peu ce qui se passe quand on a l’impression que l’on a pas le droit de parler de nos désagréments de grossesse.
Ce serait formidable si on pouvait parler de tout ça sans se sentir mal, coupable.. ou juste sans avoir des réflexions désagréables.

Résultat des courses, on se sent mal, on n’en parle pas, on vit mal notre grossesse… Dommage !

Un tabou difficile à briser

Oui, on est heureuse d’être sur le point de devenir maman. Oui, la grossesse est une vraie bénédiction. Oui, on porte en nous la vie et c’est merveilleux. Oui, on sait que l’on a de la chance et que ce n’est pas facile pour tout le monde d’avoir un bébé. Oui, bébé va bien est c’est le principal. Oui, d’autres femmes ont eu des enfants avant nous et n’en sont pas mortes. Oui, les femmes ont des enfants depuis la nuit des temps et certaines accouchent même dans les champs. Oui, on le sait tout ça ! Mais…

Non, la grossesse n’est pas forcément une partie de plaisir. Non, nous ne sommes pas horribles de dire à voix haute que la grossesse ça peut être difficile. Non, on ne dénigre par la vie que grandit en nous lorsque l’on est à bout. Non, la production de bébé ne va pas subitement s’arrêter parce que l’on a dit la vérité sur la grossesse. Non, on ne manque pas de respect à celles et ceux qui n’arrivent pas à avoir de bébé en se plaignant de notre grossesse.

Oui, on aime notre enfant à naître. Oui, on sait que c’est temporaire. Oui, ça fait du bien d’en parler et de se plaindre un peu…

Premier trimestre de grossesse : les montagnes russes !

Les toutes premières semaines : l’euphorie

Dès les premières secondes où j’ai su que j’étais enceinte j’ai ressenti une euphorie comme jamais auparavant. Je me vois encore, assise sur les toilettes, la culotte sur les chevilles, voir apparaître le résultat positif et avec lui un bonheur inépuisable.

Ce sentiment de béatitude ne m’a pas quitté pendant plusieurs semaines, j’étais aux anges, tout n’était que bonheur. J’avais envie de le crier sur les toits : je vivais un pur moment d’allégresse.
Quand je me levais le matin j’étais de bonne humeur, quand je me couchais le soir aussi. Même mes rêves se déroulaient au pays des bisounours.

Certaines choses de ma vie auraient dues me causaient du soucis, même pas, ça me passait à 3000 au dessus de la tête. J’étais comme dans une petite bulle de bonheur : le pied ! Mais le problème avec les bulles, c’est qu’elles finissent par éclater, et la redescente est rude. (J’aborde le sujet ici)

Après le beau temps est venu la pluie

Malheureusement pour moi, ma bulle n’a pas tardé à éclater. Après quelques semaines à profiter pleinement de mon état de femme enceinte sur son petit nuage, l’orage a pointé le bout de son nez. Et mon cumulonimbus à moi, c’était d’abord les nausées puis les nausées et les vomissements.

Les nausées et les vomissements : maux de grossesse number one

Avoir des nausées et des vomissements lorsque l’on attend un bébé, ce n’est pas une grande surprise. Au contraire, je pense que c’est un des seuls désagréments de grossesse dont absolument tout le monde a entendu parlé. Les fameuses nausées matinales, mais si, vous savez dans les films, la fille apprend sa grossesse à cause des nausées. Nausées très peu réalistes si vous voulez mon avis, elle attrape une petite poubelle, un petit vomi et hop c’est fini ; merci Hollywood pour cette image erronée des nausées de grossesse.

En tout cas de mon côté ça ne s’est pas du tout passé comme ça. J’ai commencé à avoir des nausées au 2ème mois de grossesse, et contrairement à la croyance populaire ce n’était pas que le matin mais alors pas du tout. J’étais nauséeuse du matin au soir, sans répit aucun, un vrai calvaire. Alors oui je m’attendais à avoir des nausées (même si au fond on se dit toujours qu’à nous ça nous arrivera pas), mais je ne m’attendais pas à ça, mais pas du tout !

Et puis comme ça tombe toujours au bon moment : recherche d’appartement, cartons, déménagement ; vous imaginez le tableau. Je n’arrivais plus à rien, vraiment, le seul moment où j’étais bien c’était quand je dormais. Les médicaments m’ont soulagé un temps, peut être une semaine, mais pas plus. Et j’ai tout essayé : gingembre, citron, médicaments allopathiques ou homéopathiques, rien à faire.

Ça a même empiré, une fois arrivée à Paris, non seulement je continuais à avoir des nausées, mais je vomissais au minimum 2 fois par jour. Manger était devenu une réelle source d’angoisse, je n’avais plus aucune énergie et surtout j’étais inconsolable.

Quand le moral a du mal à suivre

Avec un peu de recul, je dirais que je n’étais pas loin de la dépression pré-natal (qui est aussi un symptôme de la grossesse). Alors non, moi non plus je n’en avais jamais entendu parler et c’est bien dommage. On entend beaucoup parler du baby blues, ou dépression post-natal, mais pas du mal-être profond dans lequel on peut tomber pendant la grossesse. Et quand on ça nous arrive c’est un peu violent.

Pendant mon 3ème mois de grossesse, pas un jour ne passait sans que je pleure toutes les larmes de mon corps. Affaiblie par les vomissements, non seulement j’avais l’impression que mon corps me laissait tomber mais mon esprit aussi. Moi qui avait tellement rêver de cette grossesse, c’était devenu mon pire cauchemar. Sans aucun doute aggraver par le changement brutal de vie. (J’en parle ici)

L’importance d’être bien entourée

Même si la plupart de mes proches se trouvaient dès lors à l’autre bout de la France, j’avais la personne qu’il me fallait le plus : Matthias. Je n’ai pas les mots pour dire à quel point je lui suis reconnaissante pour sa patience, son amour et son soutien à ce moment de nos vies. Lui aussi venait d’être déraciné et pourtant il a été parfait même si je sais aujourd’hui que ça a été un véritable crève cœur pour lui. Me faire sourire, sécher mes larmes, nettoyer derrière moi, me faire manger, me donner tout son amour.. il a fait tout ce qu’il fallait. Mon héros à moi !

Une deuxième personne, plus que primordiale : ma maman. Je ne compte pas le nombre de fois où je l’ai appelé en pleurant et où elle a été présente tout simplement.
Si je vous dis ça, ce n’est pas pour faire une déclaration d’amour à mes proches, mais pour vous dire qu’être entouré ça aide beaucoup. En parler ça aide beaucoup. En tout cas, c’est ce qui m’a permis de voir le bout du tunnel.

Aborder ces sujets c’est important

J’ai commencé ce billet par un petit coup de gueule sur les tabous liés à la grossesse, et j’imagine que vous commencez à entrevoir pourquoi.
Je me suis sentie extrêmement mal, et j’avais l’impression que je n’avais pas le droit d’en parler. Que sous prétexte que j’attendais un enfant, je devais tout supporter en silence.

Je trouvais ça tellement injuste, parce que pouvoir dire ce que je ressentais est l’une des choses qui m’a véritablement fait du bien. Je pense que c’est important de dire ces choses là, de dire que ce n’est pas facile, d’en parler et c’est pour cela que je le fais aujourd’hui. Et je pense très sincèrement qu’aborder ces sujets ne rend pas la grossesse moins accessible mais plus réelle. Si j’avais su certaines choses avant de tomber enceinte, j’aurais quand même voulu un bébé. La vraie différence est que j’aurais été mieux préparé et que peut-être mes réactions auraient été différentes. Bien sûr, cela n’engage que moi.

Tous ces symptômes que je n’ai pas eu

Je vais quand même mettre un peu de nuance dans ce billet qui ne semble pas très joyeux. Dans mon malheur j’ai eu de la chance, car, je le sais, beaucoup de grossesse se passent beaucoup plus mal que la mienne.

Je n’ai eu qu’un véritable désagrément lors de ce premier trimestre, qui a pris, certes, des proportions démesurées. Mais malheureusement certaines femmes en ont des plus graves, ou plus (en quantité) et certaines vivent super bien leur grossesse. On n’est pas égale à ce sujet.

Liste (non-exhaustive) des maux de grossesse au premier trimestre

  • Fatigue
  • Chute de tension
  • Hypertension
  • Brûlures d’estomac
  • Seins douloureux
  • Hémorroïdes
  • Constipation
  • Diarrhées
  • Masque de grossesse

Et j’en passe ! Si vous voulez une liste plus complète : ici

Si j’écris cet article ce n’est pas du tout pour dire : le grossesse quelle horreur, bien au contraire. C’est simplement pour montrer que ça peut être aussi difficile, et qu’il ne faut pas minimiser les changements que cela peut occasionner : physiquement et psychologiquement.

Le positif, et il y en a beaucoup

J’écris ce billet alors que je termine mon deuxième trimestre, pour cause : aujourd’hui j’ai un peu de recul. Si j’avais écris cet article il y a quelques semaines, à la fin de mon premier trimestre, il aurait bien différent croyez-moi ! Certains de mes proches m’ont surement entendu dire : « le prochain on l’adopte »… Oups !

Ce n’est pas permanent

On aura beau vous le dire, et vous le répéter un million de fois, ça vous semblera impossible. Et pourtant, c’est promis : ça s’arrête !

Je pense que toutes les personnes à qui j’en ai parlé à ce moment là m’ont dit, ça va partir à la fin du premier trimestre tu verras. Et c’était tellement présent, que je n’en voyais pas le bout, mais si, ça a fini par s’arrêter. Presque comme par magie en réalité, dès que mon troisième mois a été terminé, les nausées et vomissements sont partis avec lui.

Et à ce moment là, c’est presque l’euphorie des premières semaines qui revient. On se sent mieux, plus vivante, en forme, prête à vivre le second trimestre en toute sérénité.

On oublie (pas vraiment, mais on prend du recul)

Ma maman, et d’autres mamans, ont du me dire un million de fois : « tu sais une fois que bébé est là on oublie ». Alors une fois que bébé est là je ne sais pas, mais en tout cas pour le moment je n’ai pas oublié. Mais j’ai pris de la distance.

C’était une période vraiment difficile c’est certain mais aujourd’hui je suis fière de l’avoir surmontée. Et quand je sens ma petite puce gigoter dans mon bidou c’est vrai que ça annulerait presque les difficultés.

Alors si vous vivez un premier trimestre difficile (ou au contraire si vous êtes au pays des bisounours), si vous avez envie d’en parler, n’hésitez pas ! Je serai ravie de vous écouter, et dites vous bien que ce n’est pas un état définitif ;).

Un peu de légèreté avec ce sketch sur les tabous de la grossesse 😉

Laisser un commentaire